IL Y A TRENTE ANS - JUIN 1971  RED STAR 93

TRENTE ANS JUIN 1971 TRENTE ANS JUIN 1971

Il y aura trente ans (26 juin 1971), dans quelques jours, nous vous ferons revivre courant juin, le match du maintien, en DI, à Valenciennes. Jacques Etienne, une grande plume du quotidien l'Equipe titrait son papier, après le maintien dans l'élite.

"RED STAR, ANNEE ZERO"

Red Star, année zéro, ce pourrait-être le titre d'un film consacré au club audonien. Non que nous cherchions à oublier tout le passé, souvent glorieux ; mais c'est loin, la dernière victoire en Coupe remonte en 1942 et la dernière finale à 1946 et ce qui, pour l'heure, surgit de la mémoire, ce sont les dernières années assez pénibles, pour ne pas dire plus, qu'ont vécues les joueurs de Saint-Ouen.
Red Star, année zéro, car il s'agit pour lui, de repartir sur des bases absolument nouvelles. C'est du moins ce qui ressortait des conversations, après le sauvetage de Valenciennes. Pour les dirigeants, il n'est plus question de connaître à nouveau, une situation aussi dramatique. Il convient donc de prendre les mesures appropriées pour qu'elle ne se reproduise plus.
Seulement, premier écueil, la position quasi-désespérée du club audonien, ces dernières semaines, n'a vraiment pas favorisé le recrutement : "j'ai dû interrompre les pourparlers que j'avais entamés, ici et là, nous confiait hier Gilbert Zenatti. Il fallait d'abord être assuré de notre maintien, pour engager tel ou tel joueur et vous le saviez aussi bien que moi, samedi en allant à Valenciennes, nous n'étions pas du tout certains de conserver notre place nous n'étions même pas favoris. Il faut rattraper maintenant le temps perdu."

UN ETRANGER MAIS

C'est dire que, dans l'immédiat, le président du Red Star ne sait pas encore comment, ni avec qui, il va nouer ou renouer des contacts. La venue d'un étranger de talent ne serait pas pour lui déplaire, bien qu'avec Ferreira et Monin, ils seraient trois pour deux places.
Concernant les joueurs français, il ne prendra que des éléments susceptibles de bonifier l'équipe et dont la valeur est largement reconnue : "si c'est simplement pour remplacer un garçon par un autre, sous prétexte d'apporter du changement, ce n'est vraiment pas la peine", affirmait-il.
D'autant que tous les joueurs sont encore sous contrat, sauf Mouthon et Bacquet (1). Comme ce sont deux joueurs exemplaires à tout point de vue, on a tout lieu de penser qu'ils se verront offrir de nouvelles propositions. Mouthon a certes 34 ans , mais son étonnante condition physique, son sérieux dans sa préparation, sa conscience professionnelle font qu'il peut rendre encore d'éminents services à son club. Il est tout à fait capable de faire une carrière semblable à celle de Hauss, à Strasbourg, lequel, on s'en souvient "détela" à 39 an, Bacquet, lui n'a que 30 ans et on ne saurait le considérer comme un "vieux".
L'effort sera évidemment en rapport avec l'aide financière que consentira la sportive municipalité de Saint-Ouen. A cet égard, une délégation du Red Star sera reçue aujourd'hui à la mairie. La subvention de la ville était jusqu'à présent de 300 000 F (2) ; il serait souhaitable qu'elle soit augmentéé, mais, en contrepartie, le maire et ses adjoints pourraient demander de solides garanties concernant l'organisation et les structures du club.

Walter Ferreira
Ferreira

AVEC PARIS SG

Ainsi Tomazover, dont l'avenir va être fixé dans les prochains jours, pourrait avoir un entraîneur "physique" comme adjoint. Le red Star s'orienterait vers une formule qui a fait ses preuves à Rennes (Prouff-Cédolin) et à Lyon (Pibarot-Mignot), voire à Nancy (Favre-Redin).
En attendant, la municipalité de Saint-Ouen a fait aménager le stade de la rue du Parc. Il sera homologué et les rencontres de Division III pourront s'y dérouler, quand la pelouse du stade municipal ne permettra pas, les jours de mauvais temps, d'organiser des levers de rideau.
Enfin, le recrutement et la formation des jeunes seront développés. Ce qui constitue une politique sage qui a déjà donné des fruits cette saison avec la formation qui eut un si bon comportement pour son accession en CFA (3). Attendons les nouvelles, mais l'opinion ne comprendrait pas qu'au moment où Paris Sg rejoint l'élite (4), le Red Star ne cherche pas à être son égal, pour le plus grand bien d'un football parisien renaissant de ses cendres.

Mouthon
Mouthon (RS) face à Bras (PSG)
Bacquet
Bacquet

  1. Ni Mouthon et Bacquet ne furent pas conservés. Walter Ferreira disparu de l'équipe première, la seule satisfaction s'appela Hugo Gonzales, un Paraguayen recommandé par Carlos Monin, auteur de 13 buts. La seule grosse pointure fut Philippe Gondet (en fin de carrière, après un passage un passage à Paris-Joinville, D II). Le Red Star évita tout de même pour une place, la descente, lors de la saison 1971-1972, avec un changement d'entraîneur Tomazover céda sa place, en cours de saison à Farias.
  2. Cette somme équivaut à dix fois plus aujourd'hui.
  3. Le CFA a l'époque correspondait à la D III.
  4. Au sein du Paris SG, Djorkaeff, Rostagni, Horlaville et Bras

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