JEAN-CLAUDE BRAS, INTERVIEW AU PARISIEN  RED STAR 93

Nous reproduisons l'intégralité de l'interview réalisé par Frédéric Michel pour le quotidien "LE PARISIEN", du 1er juin 2001, sous le titre :

"CE N'EST PAS UN GACHIS C'EST PIRE QUE CA"

JEAN-CLAUDE BRAS, président du Red Star 93.
Le Red Star connaît sa deuxième rétrogradation en trois ans et évoluera la saison prochaine en CFA. Comment l'expliquez-vous ?
Jean-Claude Bras : Des erreurs monumentales ont été commises. La grosse connerie, c'est cette année. Nous avons sous-estimé la valeur du National. Mais j'assume la responsabilité collective de toutes les erreurs individuelles qui ont été faites. Aujourd'hui on est en CFA, on perd le statut pro mais on s'est organisés.

Vous vous êtes séparé de vos meilleurs éléments lors de la dernière intersaison...
Le seul joueur qu'on voulait vraiment garder, c'est Vincent Doukantie. Les autres, les coachs étaient d'accord pour les laisser partir. Les cadres (Pierre Repellini et Alim Ben Mabrouk) ont recruté, avec un budget confortable. On s'est dit qu'on allait mettre le paquet pour remonter, doubler tous les postes. On a dégagé les budgets pour que l'équipe pro soit dans les meilleures conditions. Mieux, on pouvait pas. Mais quand j'ai assisté aux matchs de préparation, j'ai senti une montée du mécontentement dans le groupe. Ça ne collait pas. J'ai décidé de changer d'entraîneur et de remplacer Repellini par Jacky Lemée. En réalité, j'aurais dû attendre. Par la suite, on n'a jamais réussi à redresser la barre.

Comment le Red Star a-t-il pu en arriver là ?
On paye l'erreur fatale d'avoir accepté la candidature pour le Stade de France. On a fait le contraire de ce qui était la politique du club. On a été des grands nafs. On s'est mis à recruter à tout-va et trop vite. Et on a refait la même bêtise en fin de saison dernière pour monter de National en D II. Ce n'est pas un gâchis, c'est pire que ça. C'est rageant et frustrant.

Personne ne vous a obligé à vous porter candidat...
L'équipe municipale précédente à Saint-Ouen nous mentait sur le projet de rénovation du stade Bauer. On nous avait parqués à Marville mais, en attendant, les travaux à Bauer ne se faisaient pas. Donc, on a fini par succomber au chant des sirènes. Ne dites pas qu'on s'est vus trop beaux, on ne pouvait pas faire autrement. Cela dit, on était contents d'y aller. Mais j'ai refusé les projets qui se sont présentés parce qu'on voulait dénaturer le Red Star. Patrick Le Lay (NDLR : PDG de TF 1) a même évoqué la possibilité de changer le nom du club !

En voulez-vous à Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports ?
Ce n'est pas à cause d'elle si on n'a pas eu de résultats. Mais je n'aime pas être instrumentalisé.

On vous reproche de vous être accroché à votre fauteuil de président...
Faux. Je ne me sens pas propriétaire du Red Star. En allant au Stade de France, j'étais prêt à démissionner. Je ne veux pas être le président qui mettra le club au tapis. Ne me diabolisez pas. J'aurais accepté de ne plus diriger l'équipe professionnelle en restant président de l'association. Le show, c'est pas mon truc. Le Red Star est prêt à accueillir un nouveau président mais qui ne sera pas imposé de l'extérieur.

Certains avancent que vous avez demandé de l'argent pour laisser votre place...
C'est gravissime. Je veux savoir qui dit ça, et je porterai plainte pour diffamation.

Espérez-vous un retour au stade Bauer ?
Je suis pour et mes actionnaires aussi. Ce serait un retour aux sources. Mais je m'interdis personnellement de faire la démarche. Je ne veux pas qu'on dise : Jean-Claude Bras ne sait pas ce qu'il veut ! Jacqueline Dambreville, nouveau maire de Saint-Ouen, est en train de se convaincre. Elle consulte. Nous, on a décidé de ne pas mettre la pression.

Quel est aujourd'hui l'avenir du Red Star ?
Deux nouveaux partenaires seront présentés dans quinze jours. Tout est organisé, toute la pyramide de formation est prête, les 31 équipes sont calées. On maintient le centre de formation, à caractère privé. Le budget sera de 15 millions de francs (2 286 735 €), dont les deux tiers seront consacrés au centre de formation. On vise la montée. Si on échoue, ce ne sera pas non plus un drame. L'équipe professionnelle n'est pas ce qui me passionne le plus. Mais on ne peut pas se tromper tout le temps ! A l'intérieur du club, on me considère encore comme l'homme de la situation. A chacun de juger.

Propos recueillis par F.M.

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